Le président Abdelaziz Bouteflika est revenu longuement, ce lundi 4 juillet, sur la barbarie du système colonial dans un contexte de tension entre Alger et Paris.
Dans son message publié à l’occasion de la commémoration du 54e anniversaire de l’indépendance du pays, le chef de l’État a eu des mots très durs en rappelant les ravages causés par la France coloniale en appelant la jeunesse à ne pas oublier.
« Notre jeunesse doit cultiver le souvenir du martyre enduré par notre peuple 132 années durant, un martyre fait de massacres, de tentatives d’extermination de nos ancêtres, de spoliations de leurs terres, et d’une tentative d’éradiquer notre culture et notre identité et de nous reléguer au temps passé », a-t-il estimé.
Le président Bouteflika poursuit sur un ton virulent et intransigeant en indiquant que les enfants doivent connaître les « répressions barbares qui ont frappé leurs ancêtres, chaque fois qu’ils ont tenté de briser le joug colonial, allant jusqu’aux déportations de milliers d’Algériens au-delà des océans ».
« Les générations montantes doivent connaître également l’embrigadement forcé de nos compatriotes dans les troupes du colonisateur, au fil des guerres que celui-ci a livrées ou qu’il a subies », a-t-il ajouté avant de rappeler le caractère exceptionnel de la Révolution de Novembre 1954.
Le Président de la République a saisi l’occasion pour s’exprimer sur la question des biens vacants des pieds-noirs en Algérie. Le « primat de la souveraineté nationale a été rapidement concrétisé à travers des décisions historiques successives, décrétées au sujet des terres agricoles, des ressources minières, et du système financier local (…) », a-t-il dit.
C’est dans ce contexte que les biens individuels ou collectifs restés vacants ont été intégrés au domaine de l’État, a-t-il souligné.
« Cette démarche a une relation avec ce que fit le colonisateur, au cours des années quarante du siècle dernier, des biens des populations de notre pays, elle a induit une mesure irréversible qui fait désormais partie intégrante de notre législation contemporaine », a-t-il précisé. Une réponse aux demandes d’indemnisation régulièrement formulées par les pieds-noirs.