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Plus de 60 actes terroristes en 2015
Rapport sur l’Algérie : pour Washington, l’informel peut servir à financer le terrorisme
22:31  jeudi 2 juin 2016 mise a jour le 03/06/2016
Département d'État

Le Département d’État américain a publié, ce jeudi 2 juin, son rapport annuel par pays sur le terrorisme en 2015. Les services de la diplomatie américaine consacrent un chapitre à l’Algérie, insistant d’emblée sur l’importance du pays dans la lutte anti-terroriste.

Le document de plus de 400 pages passe notamment en revue les dispositifs algériens mis en place contre le terrorisme, qu’ils soient d’ordre sécuritaire, financier ou légal. TSA vous propose les principaux éléments à retenir du rapport.

L’économie informelle : une source d’inquiétude

L’on connaissait les dangers de l’activité informelle pour l’économie nationale. Le Département d’État américain signale la difficulté de surveiller cette activité, où de grosses sommes d’argent circulent en dehors du contrôle des autorités.

Bien que des agents en civil ou informateurs infiltrés, arrivent à repérer les transactions importantes, l’ampleur du marché informel, évalué entre 30 et 40 milliards de dollars par Washington, est impossible à gérer, selon le rapport. C’est là une source d’inquiétude pour les autorités américaines, considérant que ces sommes peuvent servir au financement du terrorisme.

Du côté bancaire, les contrôles sont jugés strictes et les transactions sont « surveillées de près » dans un marché bancaire « sous-développé », estime les autorités américaines.

Par ailleurs, l’Algérie dispose d’instruments adéquats pour la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, notamment avec la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), pensent les auteurs du rapport.

Toujours au chapitre de la lutte contre le financement du terrorisme, les autorités algériennes ont mis en œuvre différentes dispositions légales et réglementaires pour contrer ce phénomène, indique la même source.

L’Algérie consacre des « moyens considérables »

Les États-Unis d’Amérique identifient 4 menaces terroristes majeures en Algérie et à ses frontières, à savoir les groupes d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), le Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), le groupe Al-Mourabitoune et celui de Jound al Khalifa (les soldats du califat), une branche de l’organisation de l’État islamique.

Pour y faire face, l’Algérie « consacre des ressources considérables afin d’assurer sa politique sécuritaire », estime le rapport. C’est notamment le cas à travers la sécurisation des frontières, le renseignement, l’investigation, les forces de réaction rapides. Ces différentes tâches sont dévolues aux diverses forces de sécurité, comme l’ANP, la Gendarmerie nationale, le DRS, la DGSN (Police), indique la même source.

Les importantes opérations, notamment en Kabylie et dans le Grand sud algérien, ainsi que les efforts policiers dans les grandes villes, reflètent la poursuite de la « campagne agressive » de l’Algérie visant à éradiquer le terrorisme sur le territoire national, poursuit le Département d’État américain.

Refus de la coalition internationale contre Daech, mais…

Par ailleurs, le rapport rappelle le refus de l’Algérie de participer à la coalition internationale [menée par les États-Unis, NDLR] contre l’organisation de l’État islamique, au nom de « principe cardinal » de non-interventionnisme dans les affaires souveraines des États.

Cela dit, les autorités américaines rappellent le rôle important de l’Algérie de soutient dans la lutte contre Daech, notamment à travers le renseignement, l’assistance au pays voisins, la formation des imams ou sa participation au processus du Sommet de la Maison Blanche pour la lutte contre l’extrémisme violent.

De plus, le Département d’État américain salue les « efforts diplomatiques intenses » de l’Algérie, notamment dans la résolution des crises malienne et libyenne. Cela dit, le différend algéro-marocain sur le Sahara occidental constitue un obstacle à la coopération bilatérale et régionale contre le terrorisme, selon la même source.

62 attentats et actes terroristes en 2015

Il y aurait 62 attaques et actes terroristes en Algérie dans le courant de l’année 2015, selon le rapport qui cite des sources non-officielles (open sources).

Citant plusieurs exemples, comme l’embuscade tendue aux éléments de l’Armée nationale populaire (ANP) dans la wilaya de Aïn Defla, le 17 juillet dernier, faisant 14 morts selon la presse ou 9 morts selon le ministère de la Défense nationale (MDN), indique le document.

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