«Le peuple est la source du pouvoir. Il choisit librement ses représentants.» Ce sont des dispositions de la Constitution récemment amendée qui énoncent, ainsi, de la manière la plus claire, qu’aucune tutelle de quelque nature qu’elle soit n’est légitime en dehors de la souveraineté populaire. Ni cooptation ni désignation ne sont admises pour les fonctions électives de la base au sommet de l’État. Il s’agit d’une grande avancée pour la démocratie qui vient d’être confortée ainsi par au moins deux mécanismes majeurs : le régime électoral et la Haute instance indépendante de surveillance des élections. Le Conseil des ministres de mardi, présidé par le Président Bouteflika, a adopté les deux avant-projets de loi concernant ces deux questions. Si, pour le premier, l’objectif est d’améliorer davantage le régime électoral adopté en 2012, en garantissant, notamment aux candidats et aux partis politiques concernés, la mise à disposition des listes électorales, pour le second, le but recherché est d’assurer une plus grande transparence à l’opération électorale.
La compétition électorale, désormais ouverte avec l’avènement du pluralisme politique, a souvent fait l’objet de critiques de la part de l’opposition qui crie à la fraude avant, pendant et après l’opération. La création d’une instance indépendante de surveillance des élections a été la principale revendication de la classe politique, dans son ensemble, et de l’opposition, en particulier. Afin d’introduire, comme l’a souligné le Chef de l’État, davantage de crédibilité et de sérénité dans toutes les échéances électorales (présidentielle, législatives, locales et référendum), la récente Constitution qui a bénéficié d’un large consensus, puisqu’elle a été révisée suite à un long processus de consultations aussi bien avec les formations politiques qu’avec la société civile, institue pour la première fois un tel organisme. L’avant-projet de loi qui le concerne détaille sa composition, sa structure et ses attributions. De nature paritaire (moitié magistrats proposés par le Conseil supérieur de la magistrature et moitié compétences indépendantes issues de la société civile, représentant toutes les wilayas et la communauté nationale à l’étranger, ainsi que tous les acteurs de la société civile), son président ne sera pas imposé, comme certains veulent le faire croire dès à présent, mais sera choisi, à l’issue de consultations avec les partis politiques. Le Chef de l’État a appelé le Parlement à statuer le plus rapidement possible sur les deux projets de loi, de sorte à permettre leur entrée en vigueur lors des élections législatives prévues l’année prochaine.
Assurant la probité de tout le processus, depuis la convocation du corps électoral jusqu’à la proclamation des résultats provisoires du scrutin, les deux textes qui viennent d’être approuvés en Conseil des ministres constituent un formidable atout démocratique à améliorer — bien évidemment et de manière constante — en fonction de la pratique, pour pouvoir arriver à des compétitions saines et, sans heurts, faire triompher la volonté du peuple souverain.