
Conquérir le continent africain, tous les hommes d’affaires réunis à Kigali (Rwanda), jusqu’au 13 mai, à l’occasion du 26e Forum économique mondial en rêvent. Tous ont, dans leur sac, des projets, des business plans, et rêvent de faire « LA » rencontre qui leur ouvrira les portes du marché. Au Serena, l’hôtel chic de la capitale, où les participants se trouvent pour parler affaires en marge des conférences, un thème revient cependant toujours : le manque de données fiables pour estimer le potentiel du marché et définir une stratégie. Sur les écrans où se succèdent les présentations, les chiffres sont bien là. Mais, en privé, tout le monde s’accorde à dire qu’il vaut mieux ne pas trop s’y fier.
« Seuls douze pays ont des statistiques à peu près conformes aux standards internationaux. Il y a des prévisions dans tous les sens, mais la plupart reposent sur des informations erronées. C’est un vrai problème », déplore Carlos Lopes, qui dirige la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.
L’ancien premier ministre du Niger Ibrahim Mayaki, aujourd’hui à la tête d’une agence de coordination entre les Etats africains (Nepad), partage ce constat. « Les deux sources les plus fiables sont l’université de Pennsylvanie aux Etats-Unis, et la Banque mondiale, mais il arrive que leurs chiffres divergent, explique-t-il. Une année, la première avait prédit à la République démocratique du Congo une croissance de 3 % tandis que l’autre anticipait un recul du PIB de 0,6 %. »