Une montagne qui accouche d’une souris. Les révélations promises à travers la mise en ligne d’une partie des documents des « Panama Papers » s’avèrent être un tigre de papier. Expurgé des informations sensibles, de tout document permettant de s’assurer du rôle, des activités ou simplement de l’identité des concernés, la publication par l’ICIJ des données se révèle peu utile.
Le quotidien français Le Monde l’explique sur son site internet : « Des tas de noms de société, qui ne vous diront pas grand-chose ». En effet, la plupart des sociétés sont anonymes. De plus, « une personne citée comme directrice d’une société ne cherche en général pas à se dissimuler, car cette information est généralement publique », rappelle Le Monde.
Une manière de signifier que la présence d’une personne dans les listings des « Panama Papers » ne signifie pas nécessairement une quelconque activité cachée, illégale ou frauduleuse. Enfin, l’on retrouve de nombreux homonymes, qui peuvent prêter à confusion. En l’absence de documents permettant de clairement identifier la personne, un tel risque d’erreur est à prendre au sérieux.
La base de données accessible se résume donc essentiellement à une série de noms de sociétés, le plus souvent rattachées à des prête-noms, ou qui sont totalement anonymes. Il est difficile d’en tirer une information sans avoir accès aux données, le plus souvent expurgées.
Surtout, les bribes d’informations publiées ont été analysées durant une année d’enquête menée par 108 médias internationaux et coordonnée par l’ICIJ. Il est donc illusoire d’espérer y trouver une personnalité ou une entité dont la présence n’a pas déjà été révélée. Cela s’applique évidemment à l’Algérie.