ILLUSTRATION. En moyenne dans notre pays, chaque collaborateur d’une société de plus de 100 salariés reçoit 58 mails par jour et en envoie 33. Deux-tiers des employés consultent leur messagerie électronique toutes les 5 minutes. Il leur faut, à chaque fois, plus de soixante secondes pour se reconcentrer sur l’activité stoppée pour un clic. En moyenne dans notre pays, chaque collaborateur d’une société de plus de 100 salariés reçoit 58 mails par jour et en envoie 33. Deux-tiers des employés consultent leur messagerie électronique toutes les 5 minutes. Il leur faut, à chaque fois, plus de soixante secondes pour se reconcentrer sur l’activité stoppée pour un clic.
Face à cette emprise du virtuel, de plus en plus d’entreprises décident de sevrer ponctuellement leurs forces vives accros aux courriels afin de les inciter à communiquer verbalement. C’est ainsi detox digitale chaque vendredi une fois par mois au siège parisien de PriceMinister, histoire de passer un week-end avec moins de stress. Les 200 salariés de l’entreprise de vente en ligne sont invités par leur patron à privilégier le téléphone et les discussions orales.
Certains ont l’impression de se forcer à «tchatcher»
Les moyens hig-tech demeurent tout de même autorisés lors des échanges avec les clients. Cette coupure éphémère, qui permet au personnel dans l’open-space de sourire ou de froncer les sourcils ne plaît pas à tout le monde, certains ayant l’impression de perdre leur temps ou de se forcer à « tchatcher ».
Des expériences de ce genre commencent également à gagner les collectivités territoriales. Durant quatre jours en décembre et janvier dernier, les 550 agents municipaux de la commune de Saint-Sébastien-sur-Loire, en bordure de Nantes (Loire-Atlantique) ont été incités à boycotter la messagerie interne et à pousser la porte du service voisin histoire de « réhumaniser » les relations professionnelles. Cette cure de désintoxication, elle aussi diversement appréciée, doit mener à l’élaboration prochaine d’un guide de bonnes pratiques, « un livre blanc » en matière d’usage d’internet au sein de maison. « Parmi ses règles, on peut imaginer qu’il n’y ait plus de mails après 18 heures et avant 8h30 et qu’on aille voir directement son interlocuteur quand il y a une urgence », avance François Gadbin, directeur de la communication de la mairie.
Aux Etats-Unis, un célèbre essayiste, Phil Simon, a mis au point une parade pour lutter contre la tendance chronophage du courriel en théorisant « la règle des trois mails ». A l’issue de trois messages échangés avec son interlocuteur, il devient obligatoire de se parler de vive voix.