L’un est directeur d’une chaîne de télévision privée, KBC ; l’autre, producteur d’une émission satirique. En Algérie, depuis le 24 juin, Mehdi Benaïssa et Ryadh Hartouf se trouvent en détention provisoire, tout comme Mounia Nedjaï, une fonctionnaire du ministère de la culture chargée de délivrer des autorisations de tournage.
Leur crime supposé : un outrage au président Bouteflika ? Des déclarations incendiaires ? Non, les trois sont derrière les barreaux pour avoir… contrevenu aux règles de tournage pour deux émissions de la chaîne.
Vendredi soir 1er juillet, plusieurs centaines de manifestants, dont beaucoup d’artistes, se sont rassemblés devant le théâtre national à Alger pour protester contre cette mesure extrême et demander leur libération, dans un climat d’inquiétudes croissantes pour la liberté d’expression.
« Mesure disproportionnée »« Mettre des personnes en prison sous prétexte d’une irrégularité dans les autorisations de tournage est une mesure disproportionnée et qui est plutôt destinée à museler les médias indépendants », a commenté l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW), rappelant que selon la nouvelle Constitution de l’Algérie, adoptée en février, les délits de presse « ne peuvent pas être sanctionnés par une peine privative de liberté ».