La Banque d’Algérie vise les devises des entreprises exportatrices. Une mesure qui vise à réduire la facture des importations et protéger les réserves de change dont la fonte s’accélère. Mais cette décision est surtout révélatrice de la courte-vue des autorités algériennes en matière économique et rappelle leur vieux réflexe restrictif.
Grignoter quelques millions de dollars…
Ou comment « racler les fonds de tiroirs ». Après avoir resserré la vis sur les importations de médicaments, de véhicules, de lait et les autres grands postes d’importation, les autorités, en panne de solution, tentent de piocher dans les avoirs en devises des entreprises algériennes.
Seulement, les entreprises exportatrices (en dehors de la Sonatrach) se comptent sur les doigts de la main. Les exportations hors-hydrocarbures, qui stagnent depuis plusieurs années, s’élèvent à environ 1,91 milliard de dollars. Sachant que seuls 50% des recettes d’exportation sont versées en devises (le reste étant versé en dinars), la mesure de la Banque d’Algérie concernerait, au mieux, un montant de 950 millions de dollars.
Une mesure inutile
Mais en réalité, une bonne partie des exportations hors-hydrocarbures sont des produits parapétroliers et donc le fait de la Sontrach. Ainsi, la portée de la mesure se limite donc à quelques dizaines, voire centaines de millions de dollars par an. Lorsqu’on sait que le déficit commercial de l’Algérie atteint les 27 milliards de dollars et que le déficit budgétaire est à près de 30 milliards, l’on se rend compte que cette mesure est totalement inutile.
Un coup d’épée dans l’eau donc, mais qui aura tout de même des effets néfastes sur les entreprises concernées. Dans l’idée, ceci pourrait pousser les entreprises à se fournir davantage en produits fabriqués localement. Encore faut-il qu’ils existent et qu’ils soient de qualité équivalente et exportable… C’est à peu près le seul « avantage » que l’on peut trouver à cette mesure.
L’intérêt économique d’exporter est déjà ténu pour les entreprises algériennes. Avec cette nouvelle mesure arbitraire, l’on vient réduire davantage l’attrait de l’acte d’exporter. Au moment où le gouvernement annonce à qui veut bien le croire que l’Algérie veut absolument « booster » les exportations hors-hydrocarbures, la décision de la Banque d’Algérie contredit totalement les déclarations d’intentions des autorités. À moins que ce soit dirigé contre un opérateur-exportateur