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Il a échappé au dernier remaniement : quel avenir pour Ahmed Ouyahia
 
Ahmed Ouyahia - TSA
Ahmed Ouyahia, SG du RND

Ahmed Ouyahia a survécu au dernier remaniement ministériel. Le secrétaire général du RND conserve son poste de ministre d’État, directeur de Cabinet du Président de la république. Il échappe ainsi à la liste des partants « désignés » par le patron du FLN Amar Saâdani. Ce dernier avait, pour rappel, demandé le départ d’Ouyahia de la présidence, tout comme il avait critiqué les bilans des deux des ministres évincés, Abderrahmane Benkhelfa et Sid Ahmed Ferroukhi.

Ouyahia est aujourd’hui le dernier chef de parti à occuper une haute fonction au sein de l’État. L’un après l’autre, les chefs des partis de l’Alliance présidentielle ont été débarqués du gouvernement : Amara Benyounes l’année dernière et Amar Ghoul cette semaine.

Pourtant, Ahmed Ouyahia semblait dans le collimateur. En 2013, sa présence sur la scène politique était encombrante pour le pouvoir. Son départ de la tête du RND, après un mouvement de redressement, signait pour certains la fin de sa carrière politique. Mais les choses ont pris une autre tournure à la veille des présidentielles de 2014. Le serviteur zélé est repêché par le clan présidentiel. Sans surprise, il accepte sa nouvelle mission de directeur de Cabinet. Ressuscité, Ouyahia réussit aussi le pari de reprendre les rênes du RND et d’éliminer ses adversaires les plus influents au sein du parti.

Ouyahia est-il de nouveau l’homme de confiance du clan présidentiel ? Probablement pas. Avec le pouvoir, il n’y a pas d’amis éternels ni d’ennemis éternels. Bouteflika, plus que tous les autres présidents, a parfaitement consacré cette règle. Dans son entretien accordé   Amar Saâdani avait affirmé qu’Ouyahia, « est maintenu pour une conjoncture ». Comprendre : le pouvoir va le lâcher encore une fois dès la fin de sa mission. Reste à savoir quelle mission a été confiée à Ouyahia ?

Depuis son retour à la présidence, Ouyahia a renoncé à plusieurs de ses « convictions ». Réputé proche et même le protégé du général Toufik, Ouyahia a fini par défendre la restructuration du DRS de manière presque acharnée. Il a réajusté au fil du temps ses rapports avec Sellal. Le secrétaire général du RND avait critiqué le Premier ministre avant de se rétracter et d’accuser la presse d’avoir mal interprété ses propos. D’ailleurs des instructions ont été données aux parlementaires du RND de voter sans discuter les projets de lois présentés par le gouvernement.

Ouyahia s’est rattrapé aussi sur l’affaire Chakib Khelil qu’il défend désormais, après s’être montré presque critique sur le retour en Algérie de l’ancien ministre de l’Énergie.

Ouyahia revoit souvent ses convictions au gré de la conjoncture ou des injonctions. Tout en s’alignant sur les positions du pouvoir, il tente de se placer comme une alternative. Il suggère des solutions et expose sa « vision » de sortie de la crise. Il se place contre le recours à l’endettement extérieur, un épouvantail qu’il agite régulièrement quitte à gêner le gouvernement.

Ouyahia est-il le joker du pouvoir dans une conjoncture économique . Les accu de  plus en plus critique pour le pays ? C’est peu probabilisables graves portées à son  ne peuvent en aucun cas être réduites à une simple guéguerre de leadership entre le FLN et le RND, ni classées dans le cadre de la précampagne pour les législatives et locales de 2017. L’enjeu est plus important. La présence d’Ouyahia dans le cercle du pouvoir est embarrassante pour Saâdani ou du moins pour ceux qui l’appuient. Et les faits prouvent que ce cercle finit toujours par avoir le dernier mot.

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