Il y aurait des dizaines de milliers de forages illégaux à travers l’Algérie et ces derniers rendent la gestion des ressources hydriques plus difficile, selon un récent rapport de Stratfor. Selon le cabinet d’intelligence américain, l’accroissement de la population et l’urbanisation du pays ont fortement fait baisser la disponibilité annuelle par habitant, passée de « 1000 m² dans les années 60 à 292 m² actuellement ». Le volume d’eau pompée a ainsi augmenté de 525% au cours de la seconde moitié du 20e siècle.
Le Nord avantagé pour de multiples raisons
Dans le pays, une partie de la population n’a toujours pas accès à l’eau alors que 30% des ressources sont perdues lors de l’acheminement, à cause du mauvais état des infrastructures, détaille le rapport. Selon les chiffres officiels du ministère des Ressources en Eau, le taux de raccordement à l’eau potable est estimé à 96% en 2014 (et atteint 100% dans certaines zones urbaines), avec une moyenne de 175 litres d’eau /jour/par personne.
Les populations de la bande Nord son avantagées pour de multiples raisons. Il y a d’abord la concentration des rivières et des lacs puis l’accès plus facile aux côtes et à l’eau dessalée, dont la consommation représentait 7%, en 2012. Selon les chiffres officiels, le pays comptait neuf stations de dessalement d’eau de mer en exploitation en 2013.
La désalinisation de l’eau de mer comme solution ?
Selon le cabinet Stratfor, « la capacité de production d’eau dessalée est passée de 50 000 m² par jour en 2002 à plus de 2 millions de m² par jour en 2015 ». Le secteur des ressources en eau compte pour une part importante du projet d’investissements publics 2015-2019.
Ces dernières années, près de 50 milliards de dollars ont d’ailleurs été alloués à la construction d’infrastructures destinées au stockage et au réseau d’assainissement, indiquait le ministre des Ressources en Eau et de l’Environnement au début du mois. Mais le bas coût de l’eau (l’une des moins chères de la région), le manque d’investissement privé ainsi que la baisse des revenus du pétrole rendent la situation intenable. Cette ressource vitale est gaspillée et sa qualité est menacée puisque les infrastructures demandent un entretien onéreux qui peut être négligé.
Le changement climatique qui se profile doit également être pris en compte sachant que la disponibilité des ressources en eau est estimée à moins de 300 m²/habitant/an. Un taux en baisse ces dernières années et qui place l’Algérie au-dessous du seuil de rareté en eau établi par les Nations unies (1000 m²/ personne/an).