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03/05/  2016. Le second tour des élections législatives du 29 avril en Iran a consacré le recul des ultraconservateurs et l’élection d’un nombre record de femmes, avec 17 députées. Selon les résultats officiels, la liste « Espoir » obtiendrait au total 133 sièges. Ces élus modérés soutenus par les réformateurs auront davantage de voix que les ultraconservateurs, qui n’obtiennent que 125 élus contre 200 dans l’assemblée sortante, mais qui demeurent très bien représentés dans d’autres instances du régime. Aucune tendance ne disposant de majorité, les députés indépendants joueront un rôle inédit dans un système politique où les différences idéologiques restent toutefois limitées.

Des électeurs réduits à choisir entre « le mauvais et le pire »

Espoirs et simulacres du changement en Iran

Le nouveau Parlement iranien comptera moins d’ultraconservateurs. Mais le jeu électoral masque l’étroitesse des transformations sociales envisageables. En entretenant les espoirs de changement, les modérés et les réformateurs qui soutiennent le président Hassan Rohani espèrent faire évoluer sans rupture un régime dont la force tient aujourd’hui davantage au ferment national qu’au ciment islamique.

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Moment festif, l’anniversaire de la révolution du 11 février donne lieu à un grand défilé populaire auquel on participe en famille. Photographies de Philippe Descamps, février 2016.

«Ni vaincu ni soumis ! » En ce 11 février 2016, la foule s’anime autour d’un turban blanc. Le président Hassan Rohani vient de rejoindre le cortège de la fête annuelle de la révolution sur l’avenue Azadi, l’une des principales artères de Téhéran. Le slogan repris en chœur reflète la lecture de l’accord sur le nucléaire faite par la « rue » ; ou, du moins, par le petit peuple resté fidèle au régime, qui marche dans une atmosphère plus proche de la kermesse que du défilé révolutionnaire. Cette occasion de prendre un bain de foule tombe à pic pour le chef de file des « modérés » après ses succès diplomatiques et à la veille des élections législatives des 26 février et 29 avril.

La presse officielle comptera des « millions » d’Iraniens convergeant vers la place de la Liberté. Plusieurs centaines de milliers, c’est certain. On retrouve le traditionnel culte de la personnalité, avec les effigies des deux Guides, l’ayatollah Rouhollah Khomeiny (mort en 1989) et son successeur Ali Khamenei, ou des pancartes hostiles à Israël et aux Etats-Unis. Mais on est bien loin de l’ambiance d’il y a vingt ou même dix ans, quand les comités de quartier orchestraient la parade contre l’« arrogance occidentale ». Beaucoup se promènent en famille. Les plus jeunes portent des casquettes tricolores ou affichent les couleurs du drapeau sur leurs joues. Dans les haut-parleurs comme sur les pancartes, les harangues islamiques sont exceptionnelles, tandis que partout on célèbre la grandeur de l’Iran. Nul ne peut échapper à son « retour » sur la scène internationale. Non seulement parce que le pays qui appartenait naguère à l’« axe du Mal » négocie avec les plus grands, mais aussi parce que — comme un tardif écho à la révolution — ses alliés libanais, irakien, syrien ou yéménite marquent des points dans un conflit régional qui ne dit pas son nom.

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Fête de la révolution, Téhéran.
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Téhéran sous la neige se pavoise pour la fête de la révolution.

« Vous voyez, c’est payant, nous lance une femme, la quarantaine, devant une échoppe. N’allez pas raconter que (...)

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